Spinoza, une anthropologie éthique : Variations affectives et historicité de l’existence PDF

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Penser l’éthique comme devenir à partir d’une lecture renouvelée et précise des textes spinozistes, et laisser une place significative aux affects, au désir, à l’imagination, à l’histoire personnelle et aux rencontres : telle est l’ambition de l’ « anthropologie éthique » mise en place par l’auteur.

Spinoza rédigée en latin entre 1661 et 1675, publiée à sa mort en 1677 et interdite l’année suivante. La réflexion suit un cheminement qui part de Dieu pour aboutir à la liberté et la béatitude. Le texte est réputé d’un abord difficile en raison de son écriture qui s’apparente davantage à un traité mathématique à la manière des Éléments d’Euclide qu’à un essai littéraire. Spinoza entreprend d’élaborer un texte synthétisant sa pensée philosophique dès le début de son parcours intellectuel. Le Court traité, redécouvert en 1852, présente un plan similaire à celui de l’Éthique en traitant successivement de Dieu, de l’homme et de la béatitude. Le sous-titre de l’Éthique annonce le recours à une méthode géométrique, comme le texte en possède l’apparence par l’articulation des propositions, définitions, démonstrations, lemmes et axiomes. L’idée d’appliquer une méthodologie inspirée de la géométrie en dehors de ce domaine se retrouve chez d’autres penseurs, mais seul Spinoza l’applique avec rigueur pour un tel sujet.

Cette originalité vaut également par rapport aux autres œuvres de Spinoza : elles n’emploient pas ce style démonstratif. Spinoza que les faiblesses d’une thèse. Le contenu philosophique de l’œuvre ne s’apparente pas à un traité de morale mais bien à une éthique. Pour asseoir sa démonstration sur des bases solides, Spinoza commence sa réflexion par une théorie de l’être. Il n’existe qu’une substance qui se décline en un nombre inépuisable d’attributs et de modes, une unique réalité autonome, cause d’elle-même, éternelle et régie par la nécessité. Il ne s’agit pas d’une entité capable de modifier les propriétés du triangle ou d’agir sur le réel selon son bon plaisir. Tout ce qui est provient du développement des causes immanentes de Dieu.

Le caractère éternel et infini de la substance implique que la nature ne provienne pas d’une création. Elle est cause-d’elle-même parce qu’il est absurde de penser que l’être puisse venir d’une autre réalité que l’être. Après avoir examiné les propriétés de la substance, Spinoza en vient à s’interroger sur l’étendue et la pensée, préalable à l’examen de la nature humaine et de sa capacité au bonheur. Cependant Pierre-François Moreau préfère traduire le mot mens par âme car il souligne que Spinoza attribue à la fois les facultés de raisonnement et les affects à la réalité mentale. Tout chose pensante est une manifestation d’un attribut de Dieu, de même que toute réalité corporelle correspond à un mode de l’étendue. Spinoza réfute la conception d’une volonté absolue, abstraction née d’une généralisation de volitions particulières. La formation des idées, vraies ou fausses, claires ou obscures, s’explique par l’affection des corps, par l’activité consciente et conceptuelle d’un esprit mû par un corps.