STATUES. : Le second livre des fondations PDF

Duché du Brabant et sur tout ou partie des sTATUES. : Le second livre des fondations PDF Pays-Bas. Le Palais fut l’un des sièges des souverains de l’État bourguignon, les ducs de Bourgogne.


« Le sphinx égyptien, corps de fauve rasé à face royale, tient parfois entre ses mains, alors humaines, comme en offrande, une sorte de table ou de boîte sur laquelle repose une tête de bélier : dos de bête et visage d’homme doublé d’un museau à corps empaqueté. On peut voir ailleurs et en grand nombre des sphinx criocéphales, lion dévorant et ovin dévoré incorporés. A-t-on jamais vu le loup et l’agneau ou l’homme et le taureau cousus ensemble dans la même fabuleuse peau ? Ici, la statue se décompose et se rythme comme si elle se dépliait : le mufle animal à corps de boîte précède un monstre à croupe léonine et tête humaine ; celle-ci paraît sacrifier une tête de bête. Si le fauve a tué le bélier, que fait l’homme au milieu d’eux ? Qu’y a-t-il dans la boîte noire ? On dirait que Pharaon se cache derrière la face bestiale. Entre deux parties animales d’espèces différentes l’homme et la boîte s’entrelacent mystérieusement. Qu’est-ce qu’un fétiche ? Comment le fabrique-t-on » ? Michel Serres évoque ici le profond mystère de la mort, et l’élévation des statues qui en procède depuis l’aube des temps. Livre multiple, Statues est une réflexion sur la sculpture, nourrie des mythes, de l’histoire et de la littérature.

Il n’en reste aujourd’hui que les parties souterraines. Après plusieurs années de fouilles, les vestiges archéologiques du palais ont été dégagés et sont accessibles aux visiteurs. Il est actuellement difficile de se représenter le site originel du château du Coudenberg, tellement la configuration du terrain a été bouleversée au cours des siècles : cours d’eau disparus et accidents de terrain nivelés. Le château s’élevait sur un promontoire dominant la vallée de la Senne une quarantaine de mètres plus bas. Senne menait vers le marécage du Ruysbroeck. Le site était donc particulièrement propre à la défense. De plus, il fut englobé dans la première enceinte de Bruxelles.

C’est la plus haute des collines du Bruxelles médiéval. La date exacte à laquelle les comtes de Louvain édifièrent le premier château du Coudenberg reste un sujet de débats. En 1430, le Brabant étant annexé à la Bourgogne, le palais se doit d’être le reflet de l’important pouvoir dont il est le siège et subit de nombreuses modifications. C’est dans cette salle qu’en 1515 Charles de Habsbourg, héritier du duché de Bourgogne et futur empereur sous le nom de Charles Quint, sera émancipé. La cour est relogée ailleurs, les finances manquent pour une reconstruction. Durant plus de quarante ans, les ruines du palais qu’on appelle  la Cour brûlée  sont laissées en l’état.

Ce n’est qu’en 1774, sous la régence du gouverneur Charles-Alexandre de Lorraine, que l’on décide de raser les vestiges et de réaménager le quartier. La vue ci-dessous, gravure de J. Van de Velde datant de 1649 et intitulée Curia Brabantiæ in celebri et populosa urbe Bruxellis, nous donne une idée de ce que représentait alors le Court de Brabant. Bailles, aménagée sous le règne de Charles Quint : la balustrade qui entoure la place publique comportait une série de piliers surmontés de statues de souverains par Jan Borreman. La place occupe la moitié sud de l’emplacement de l’actuelle place Royale. Au fond de celle-ci, on aperçoit le grand escalier d’honneur qui mène à l’Aula Magna de Philippe le Bon, laquelle domine les autres bâtiments. D’une hauteur qu’on évalue à trente mètres, d’une longueur de quarante et d’une largeur de seize mètre trente, elle était constituée d’une seule salle surmontée d’un ou deux niveaux de comble recouverts d’une charpente couverte d’ardoise.