Un brelan d’excommunies PDF

Connu pour son roman Un brelan d’excommunies PDF Désespéré, largement inspiré de sa relation avec Anne-Marie Roulé, il est aussi un polémiste célèbre. Léon Henri Marie Bloy est le fils de Jean-Baptiste Bloy, fonctionnaire aux Ponts et Chaussées et franc-maçon, et d’Anne-Marie Carreau, une ardente catholique. Ses études au lycée de Périgueux sont médiocres : retiré de l’établissement en classe de quatrième, il continue sa formation sous la direction de son père, qui l’oriente vers l’architecture. Bloy commence à rédiger un journal intime, s’essaie à la littérature en composant une tragédie, Lucrèce, et s’éloigne de la religion.


Nous assistons en France, et depuis longtemps déjà, à un spectacle si extraordinaire que les malheureux appelés à continuer notre race imbécile n’y croiront pas. C’est le spectacle d’une Église, naguère surélevée au pinacle des constellations et cathédrant sur le front des séraphins, tellement tombée, aplatie, caduque, si prodigieusement déchue, si invraisemblablement aliénée et abandonnée qu’elle n’est plus capable de distinguer ceux qui la vénèrent de ceux qui la contaminent. Partout ailleurs, c’est le simple mépris du Beau, chez les catholiques seuls, c’est l’exécration. Ils s’effarouchent du Beau comme d’une tentation de péché, comme du Péché même, et l’audace du génie les épouvante à l’égal d’une gesticulation de Lucifer. Ils font consister leur dévote sagesse à exorciser le sublime…

En décembre 1868, il fait la connaissance de Jules Barbey d’Aurevilly, qui habite en face de chez lui, rue Rousselet. C’est l’occasion pour lui d’une profonde conversion intellectuelle, qui le ramène à la religion catholique, et le rapproche des courants traditionalistes. En 1870, il est incorporé dans le régiment des  Mobiles de la Dordogne , prend part aux opérations de l’Armée de la Loire et se fait remarquer par sa bravoure. Démobilisé, il rentre à Périgueux en avril 1871. Sa participation à la guerre lui inspirera, en 1893, Sueur de sang. Il retourne à Paris en 1873 où, sur la recommandation de Barbey d’Aurevilly, il entre à L’Univers, le grand quotidien catholique dirigé par Louis Veuillot.

En 1875, il tente sans succès de faire publier son premier texte, La Méduse Astruc, en hommage à son protecteur, puis, sans plus de réussite, La Chevalière de la mort, étude poético-mystique sur Marie-Antoinette. Sa vie bascule à nouveau en 1877. Anne-Marie Roulé, prostituée occasionnelle, qu’il recueille, et convertit, en 1878. C’est dans ce contexte passablement exalté que Bloy rencontre l’abbé Tardif de Moidrey, qui l’initie à l’exégèse symbolique durant un séjour à La Salette, avant de mourir brusquement.

De fait, c’est en février 1884 qu’il publie son premier ouvrage, Le Révélateur du Globe. L’ouvrage est consacré à Christophe Colomb, et Barbey d’Aurevilly signe sa préface. Suit, en mai, un recueil d’articles : Propos d’un entrepreneur de démolitions. Aucun des deux livres n’a le moindre succès. Léon Bloy, par lui-même, à dix-neuf ans, d’après un crayon appartenant à Mme Bloy. C’est à cette époque également qu’il entame la rédaction d’un premier roman largement autobiographique, Le Désespéré.

Le drame vécu par les deux principaux protagonistes, Caïn Marchenoir et Véronique Cheminot, est de fait la transposition de celui que vit Bloy avec Anne-Marie, une relation où la sensualité est peu à peu effacée par le mysticisme. L’œuvre est achevée en 1886 mais, l’éditeur craignant d’éventuels procès, sa publication n’a lieu qu’en janvier 1887, et sans grand écho. Bloy commence néanmoins un nouveau roman, La Désespérée, première ébauche de La Femme pauvre. La mort de Barbey d’Aurevilly en avril 1889 puis celle de Villiers de l’Isle-Adam en août l’affectent profondément, tandis que son amitié avec Huysmans se fissure. Fin 1889, chez François Coppée, il rencontre Johanne Charlotte Molbech, fille du poète danois Christian Frederik Molbech, née en 1859. La jeune femme se convertit au catholicisme en mars de l’année suivante, et Bloy l’épouse en mai.

Bloy se fâche alors avec la plupart de ses anciens amis, et commence à tenir son journal intime. En 1892, il publie Le Salut par les Juifs, écrit en réponse à La France juive de l’antisémite Édouard Drumont. Il reprend alors sa collaboration avec le Gil Blas de Jules Guérin, d’abord pour une série de tableaux, anecdotes et récits militaires inspirés par son expérience de la guerre de 1870, puis pour une série de contes cruels. L’année 1895 est particulièrement douloureuse pour Bloy. Chassé de la rédaction de Gil Blas à la suite d’une énième polémique et ainsi réduit à la misère, il perd ses deux fils André et Pierre, tandis que sa femme tombe malade. Il reprend la rédaction de La Femme pauvre.

Le roman est finalement publié en 1897 : comme Le Désespéré, c’est une transposition autobiographique, et un échec commercial. En 1898, il édite la première partie de son Journal, sous le titre Le Mendiant ingrat, mais c’est encore un échec. Bloy quitte à nouveau la France pour le Danemark, où il réside en 1899 et 1900. Tombe de Léon Bloy au cimetière de Bourg-la-Reine. Le 3 novembre 1917, il meurt d’une crise d’urémie, à Bourg-la-Reine, entouré des siens et de ses amis. De son œuvre, on retient surtout la violence polémique, qui explique en grande partie son insuccès, mais qui donne à son style un éclat, une force et une drôlerie uniques.