Un monde en mouvement : Enjeux et défis 2007-2010 PDF

Le Conseil d’État comprend 231 membres en activité et un monde en mouvement : Enjeux et défis 2007-2010 PDF agents. Comment sont recrutés les membres ? Et les agents du Conseil d’État ? Découvrez la justice administrative en France, son organisation et ses métiers.


Il est rare qu’un ouvrage collectif s’intéresse à l’énergie, au développement durable, à l’économie et ses effets sur le social, à l’adaptabilité nécessaire des marchés financiers, à la place de l’humain dans la mondialisation… Tels sont les sujets de ce livre, fruit du premier Forum International Economique et Financier de Paris, dont les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), invités d’honneur, ont été au centre des débats. Tous ont réfléchis à la question principale : la France et l’Europe seront-elles, dans le présent contexte mondial, capables de défendre leur statut de puissance économique majeure ? Son objectif est de mettre à la disposition des dirigeants économiques des outils d’analyse indispensables à leurs décisions, et au grand public des informations précises nécessaires à sa compréhension de notre.. monde en mouvement !

Informations contentieuses et actualités du Conseil d’État. Cet avertissement me paraît, dans une certaine mesure, aussi juste et pertinent aujourd’hui qu’il y a 42 ans. Pourtant, l’État et les personnes publiques, ce qu’ils sont et ce qu’ils incarnent, ne sauraient être réduits à quelques poncifs ou idées toutes faites sur leurs fonctions, leurs principes et leurs objectifs. L’idéal-type de l’État  moderne , sur lequel je souhaite me concentrer, s’incarne dans un pouvoir souverain sur un territoire délimité.

Cette représentation de l’État que vous avez aujourd’hui vocation à servir a profondément changé au cours des dernières décennies. Des transformations juridiques, sociales, politiques et économiques souvent radicales ont fait évoluer ses principes et ses fondements. Pourtant, l’État, pas plus que les autres acteurs publics, n’a disparu, ni n’a vocation à s’effacer à moyen terme. Je souhaiterais par conséquent vous livrer quelques pistes de réflexion sur ce sujet qui, je l’espère, vous permettront de mieux appréhender les missions éminentes qui vous attendent. L’État est confronté, depuis plusieurs dernières décennies, à de profondes mutations qui interrogent, voire mettent en cause, sa pertinence et sa légitimité.

L’internationalisation du droit et la globalisation de l’économie mettent en doute sa capacité à demeurer un acteur pertinent des politiques publiques et de la promotion de l’intérêt général. Dans ce contexte, les États ne peuvent plus appréhender et résoudre seuls les nouvelles problématiques économiques, sociales, environnementales et juridiques qui se présentent à eux. L’action étatique est limitée, voire dépassée, par des phénomènes globaux et par d’autres acteurs, tout aussi puissants, qui paraissent même parfois plus aptes à prendre en charge ces problématiques. L’État est aussi, de nos jours, affaibli par une perte de confiance dans sa capacité à pouvoir encore porter un projet collectif. Ce qui avait constitué la base de la citoyenneté moderne, à savoir la séparation entre la sphère publique et la sphère privée, entre la famille où règnent des individus et la cité où agissent des citoyens guidés par le service de l’intérêt général, est aujourd’hui fragilisé.

Ne sachant plus, ou ne paraissant plus savoir porter les aspirations collectives de la société, l’État est comme frappé de désenchantement, ainsi qu’en témoigne la perte de confiance des citoyens dans la capacité de ce modèle à répondre à leurs aspirations. Enfin, les contraintes budgétaires auxquelles l’État est aujourd’hui soumis et la nécessité d’améliorer la performance et l’efficience de l’administration limitent ses marges de manœuvre et banalisent trop souvent son action et ses moyens d’intervention. Dans ce contexte, le rôle de l’État doit être repensé pour lui permettre de continuer à assurer la mission qui est la sienne : celle d’unifier nos concitoyens au sein d’une même communauté et autour d’un projet partagé. Pour continuer à porter les aspirations collectives de nos concitoyens, l’État doit définir des orientations claires et prendre appui sur une action publique rénovée et efficace.

L’État doit demeurer le garant de l’équilibre entre la sauvegarde du Bien commun et la protection des droits individuels des personnes, les seconds étant d’ailleurs inclus dans le premier. L’engagement civique et la participation à la vie de la cité doivent aussi être encouragés par de nouvelles formes d’expression et d’action. Une consultation plus régulière des citoyens doit ainsi être envisagée pour refonder la confiance dans l’action de l’État. La souveraineté ne peut plus s’exprimer par éclipses lors des séquences électorales, le peuple n’ayant qu’à se taire entretemps. De nouvelles formes d’action, et pas seulement d’expression, doivent aussi être encouragées : car si l’État et les autres collectivités publiques ont une responsabilité éminente dans la quête et la satisfaction du Bien commun, celle-ci ne saurait être exclusive. Sur le plan strictement économique, l’État n’est certes plus l’acteur interventionniste qu’il a été au lendemain de la Seconde guerre mondiale, mais ce désengagement n’implique pas la disparition de son rôle.