Vive le congélateur ! : Trucs et recettes pour tout congeler PDF

Les meilleurs farcis du monde’, ‘Share on Facebook. Il vive le congélateur ! : Trucs et recettes pour tout congeler PDF a des plats qui vous marquent. Selon l’histoire et l’origine de chacun, ce ne seront pas les mêmes.


Contenant des trucs vraiment pratiques pour préserver et conserver les plats et les aliments, et plus d’une centaine de recettes délicieuses qui peuvent être congelées ou préparées à partir d’ingrédients congelés, ce livre offre une variété de solutions pour utiliser judicieusement le congélateur. Soupes,entrées et hors-d’oeuvre, plats principaux, collations et même recettes pour les bébés: voici des idées originales pour préparer un éventail de mets à congeler ou à servir immédiatement.

Dans la plupart des familles niçoises, le plat qui reste en mémoire, ce sont les farcis. Et plus précisément « les farcis de Maman ». Comme le couscous dans les familles d’origine maghrébine ou pied-noir, il n’y a qu’une recette, celle de la mère. Et chaque mère fait les choses à sa manière. En vérité, il n’y a pas de farcis parfaits.

Ou plutôt, il y en a autant qu’il y a de familles niçoises. Ce n’est pas votre goût qui va déterminer quels sont les meilleurs farcis mais l’inverse : quand vous avez été élevé dans la tradition niçoise, votre goût s’est construit autour des farcis de votre mère. C’est à partir des farcis, plat complet qui s’ajuste selon les préférences de chacun, que votre idée de l’équilibre va se construire. Les farcis de Maman, c’est ma madeleine.

Je n’en avais pas mangé depuis plus de vingt ans. Ma mère en a refait pour moi il y a quelques semaines, et j’ai replongé en enfance en les mangeant. Je les désirais, j’en avais un souvenir chargé d’affection et de tendresse, c’était un plat plein d’attention. Il y avait de minuscules oignons, des « bébés » comme dit ma mère, caramélisés à souhait, qu’elle faisait spécialement pour mon frère et moi qui de toutes façons n’en avions jamais assez, peu importent les quantités. Les oignons finissaient par être si nombreux qu’ils avaient droit à un plat entier spécialement dédié. Je savais que je les aimais de tout mon coeur et que c’était la fête quand ma mère en faisait, je savais qu’ils étaient beaux et qu’ils sentaient bon. Mais leur saveur précise restait un peu vague, et je voulais la redécouvrir.

Maintenant, je connais la recette familiale. Les petits farcis niçois, lu farcit nissart comme on dit chez nous, c’est un plat vraiment local. C’est à nous, rien qu’à nous. Les Provençaux ont repris l’idée plus tard, mais au départ, c’est une exclusivité niçoise, originaire de l’arrière-pays.

Les farcis niçois, c’est la cuisine des restes : on utilise des légumes frais et on les farcit de ce qui traîne en cuisine. Ces légumes frais, ce sont des tomates, des courgettes, des aubergines et des oignons. Question assaisonnement et aromates, chacun fera comme il lui plaît, mais chez nous, la recette va à l’essentiel : nous ajoutons un peu de persil, de sel et de poivre, point. Maman n’ont rien de fade, loin de là.

Quand je lui demande d’où vient sa recette, elle me répond que c’est un atavisme. Elle a vu sa mère les faire, qui avait vu sa mère les faire. Sa mère, c’était Cécé, et la mère de sa mère, c’était Mémé, qui venait de l’Escarène. La recette familiale s’est transmise de mère en fille, et j’arrive en bout de chaîne. Sans plus attendre, je vous la livre ici en détail. Ma mère fait les farcis en deux temps.

Il lui faut deux jours pour cuisiner tout ça, car elle fait d’abord bouillir les légumes dans l’eau salée et les laisse sécher jusqu’au lendemain. Mais de nos jours, on peut ruser grâce à la cuisson à la vapeur. Enfin, que vous fassiez vos farcis en deux jours ou en un seul n’est pas bien grave, laissez-moi d’abord vous expliquer la marche à suivre. Les légumes sont d’abord lavés et coupés de manière précise. Posez votre tomate ou votre courgette, pédoncule vers le haut, et regardez-la en imaginant que c’est la planète Terre.

Il faut la couper en suivant l’équateur, on appelle ça une coupe transversale en anatomie. Ma mère coupe également le pédoncule des courgettes à ras. Les oignons, les aubergines et les courgettes vont cuire à l’eau jusqu’à ce qu’ils soient tendres. Si on cuit les légumes dans l’eau salée, c’est mieux, car ils seront déjà salés uniformément pour la suite. La mie de pain a elle aussi besoin d’une préparation préalable : il faut la faire tremper dans du lait, assez pour la recouvrir. Ma mère utilise du pain blanc frais, parce que depuis l’invention du congélateur, elle n’a plus jamais eu de pain sec dans sa cuisine. On laisse la mie gonfler dans son bol et on ne s’en occupe plus.

Une fois que les légumes sont cuits, à la vapeur ou à l’eau, il faut les laisser perdre un peu d’eau. Pour cela, ma mère réalise une installation particulière : elle surélève une extrémité d’une planche à découper à l’aide d’une cale et pose les légumes dessus. L’eau va s’écouler le long de la planche et sera recueillie directement dans l’évier car la planche a été posée juste à côté. Elle creuse les demi-courgettes et les demi-aubergines cuites ainsi que les tomates fraîches, coupées en deux comme les courgettes, à l’équateur. Elle ne creuse pas trop profond, pour que les farcis se tiennent et ne se dessèchent pas trop, mais assez profond quand même, sinon c’est pas bon.

Elle laisse environ 5 millimètres d’épaisseur de chair sur les parois de chaque légume. La chair qui est retirée en creusant les légumes sera la base de la farce, il faut donc la recueillir dans un saladier. Pour les oignons, c’est un peu différent car ils sont composés d’une multitude de couches mais ne sont pleins de rien. Il faut d’abord finir de les fendre en prolongeant le tracé de la coupe « à la Pacman ».