Zakat, corruption et jihad: Interprétation du verset coranique 9:60 à travers les siècles PDF

En arabe, ce terme signifie  abnégation ,  effort ,  lutte  ou  résistance , souvent traduit à tort par  guerre sainte . Le concept de jihad a varié au cours du temps et, parfois, ses interprétations successives ont été en concurrence. Le jihad est parfois considéré comme le sixième pilier de l’islam zakat, corruption et jihad: Interprétation du verset coranique 9:60 à travers les siècles PDF une minorité au sein du sunnisme bien qu’il n’en ait pas le statut officiel.


Le verset coranique 9:60 indique huit destinataires de la zakat, à savoir: les pauvres, les indigents, les collecteurs, ceux dont les cœurs sont à rallier, l’affranchisse-ment des esclaves, les surchargés de dettes, la voie de Dieu, et le voyageur. Deux de ces catégories nous intéressent ici: « ceux dont les cœurs sont à rallier » et « la voie de Dieu ». La première signifie la corruption de personnes pour protéger l’islam et les convertir, et la deuxième désigne le plus souvent le financement du jihad et des jihadistes. Dans cet ouvrage, nous voyons ce que disent les exégètes musulmans à travers les siècles à propos de ces deux catégories.

Selon Averroès, l’islam compte quatre types de jihad : par le cœur, par la langue, par la main et par l’épée. Le jihad peut ainsi être interprété comme une lutte spirituelle, dans le cadre du soufisme par exemple. Le jihad ne doit pas être confondu avec l’ijtihad qui désigne, en droit musulman, l’effort de réflexion pour interpréter les textes fondateurs de l’islam. Ibn Sa’d al-Baghdadi ou de Tabari, citent systématiquement les raisons de toutes les batailles de Mahomet. Sourate 8, verset 39 :  Et combattez-les jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah. Allah observe bien ce qu’ils œuvrent.

Sourate 8 versets 59 et 60 :  Que les mécréants ne pensent pas qu’ils Nous ont échappé. Et préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. Et tout ce que vous dépensez dans le sentier d’Allah vous sera remboursé pleinement et vous ne serez point lésés. L’historien médiéval Tabari rapporte que le fait de se surarmer avait pour but de dissuader l’ennemi de s’attaquer aux musulmans.

Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Le statut juridique des non-musulmans s’appuie sur un double fondement : le comportement de Mahomet et les conditions de ses conquêtes. Bidāyat al-muǧtahid que certains l’ont considéré comme n’étant pas une obligation, et d’autres comme une obligation éternelle pour tous musulmans.

Lutter contre le désir illicite et ses tentations interdites. Ibn Al-Qayyim achève ce chapitre en soulignant que contre les infidèles prime la lutte avec les mains. Contre les hypocrites, c’est avec la langue principalement que se fait la lutte. Et retenant que contre les infidèles, il faut essayer d’empêcher physiquement le mal, à défaut de quoi il faut se servir de la langue, et si cela est impossible il faudra lutter en son cœur et rejeter cela comme mauvais. Houdaibiya, et note que la durée est dite plusieurs fois renouvelable. Les fondateurs des écoles juridiques ont eu des opinions différentes concernant les relations entre les deux domaines.

Xe siècle, des oulémas ont affirmé que la chari’a n’obligeait pas à s’acquitter du devoir du jihâd, sauf si le domaine de l’islam était menacé par des forces étrangères. Ainsi le sulh n’a pas été appliqué envers le domaine de la guerre à des fins territoriales mais dans l’intérêt de la communauté. Enfin, Urvoy termine en soulignant que,  nonobstant l’éclatement du monde musulman et le caractère devenu défensif du jihâd, les traités se sont maintenus dans leur formulation initiale. Comme le jihâd demeure une obligation aussi longtemps que demeurera l’islam, ou l’unification du monde entier sous l’islam, la paix avec les infidèles ne saurait être, aujourd’hui encore, et tout au moins théoriquement, que des trêves temporaires. Pour certains exégètes, le combat armé ne serait qu’une forme de djihad. La recherche de la connaissance, la pratique d’un bon comportement ou la persévérance face aux épreuves de la vie sont autant de formes différentes du djihad. Quand les non-musulmans capturent et emprisonnent un groupe de musulmans.

Fard ʿAyn quand l’ennemi attaque en surprise. En outre, Ad-Dussuqi a dit :  Partout où ceci se produit, le jihâd y devient immédiatement Fard ʿAyn pour tout le monde, même les femmes, les esclaves et les enfants, et ils se lancent au combat même si leurs gardiens, maris, chefs ou maîtres le leur interdisent. Bien que ne figurant pas dans les six  recueils canoniques  sunnites, il existe trois hadiths mentionnant les deux types de jihads, l’un majeur concernant la morale et la spiritualité et l’autre mineur concernant la guerre. Michael Bonner étudie l’évolution historique des interprétations et pratiques pré-modernes du djihad.

Bonner y souligne que ce concept n’a cessé de changer au fil des siècles, selon l’époque et la région étudiées, et que les interprétations interdisent toute représentation figée. En outre, il souligne l’opposition classique entre le  petit djihad , dirigé vers l’extérieur, et le  grand djihad , interne et spirituel. Selon Bonner, il existe plusieurs façons d’aborder la question des origines du concept de jihâd, mais la question reste délicate. Qu’il y ait, dans les 18 occurrences où le sens reste vague, possibilité pour les musulmans de greffer la théorie du jihâd majeur contre soi-même, on peut l’admettre.

Mais il est illégitime d’affirmer que le jihâd coranique est uniquement spirituel. Lorsqu’on lui a demandé :  Quel est le grand djihad ? Au cours de l’histoire, ce djihad s’est exercé à l’encontre de sectes musulmanes tenues pour hérétiques. Afghanistan, Pakistan, Yémen, Irak, Syrie, Liban, etc. Les prisonniers de guerre doivent être bien traités. Mahomet interdit strictement de tuer les vieillards, les femmes et les enfants ne portant pas d’arme.