Zao Wou-Ki : Estampes et livres illustrés PDF

Nyon, est un peintre et graveur chinois naturalisé français en 1964. Zao Wou-Ki : Estampes et livres illustrés PDF vite apprécié en Occident, ami de Pierre Soulages, de Joan Miró, de Henri Michaux, il est reconnu par son propre pays vers 1983. Pékin où ses œuvres sont exposées au Musée national de Chine.


Né en Chine en 1920, Zao Wou-Ki vit et travaille à Paris depuis 1948. Formé à l’École des beaux-arts de Hangzhou où il apprend la peinture chinoise traditionnelle et l’art académique occidental, il s’intéresse, dès ses années d’apprentissage, à l’art moderne européen, admirant les œuvres de Cézanne, Matisse et Picasso. Cet intérêt l’incite à s’installer à Paris en 1948. C’est alors qu’il se lie d’amitié avec les tenants de l’abstraction lyrique, Hans Hartung, M Pierre Soulages ou Marie-Hélène Vieira da Silva. Dès 1949, il s’initie aux diverses techniques de l’estampe : il apprend la taille-douce dans les ateliers de Johnny Friedlaender et Henri Goetz et la lithographie auprès de l’imprimeur Edmond Desjobert. Il ne cesse dès lors de pratiquer l’estampe, parallèlement à la peinture et au dessin, jusqu’au début des années 2000. Les œuvres réalisées au moyen de ces divers procédés relèvent d’une inspiration commune. Il est fréquent que l’artiste parte d’une huile, d’une aquarelle ou d’une encre de Chine pour, ensuite, l’interpréter en gravure. Son œuvre gravé compte à ce jour quelque 400 feuilles isolées ou dans des livres. Il illustre de gravures originales une cinquantaine d’ouvrages et dialogue avec une trentaine d’écrivains différents. Ses premières estampes sont figuratives : natures mortes, portraits, paysages. L’artiste réduit progressivement les figures à des signes, cheminement qu’il effectue après avoir eu la révélation de l’art de Paul Klee. Cette recherche le conduit à l’abstraction à partir de 1954. Mais la frontière entre figuration et abstraction finit par s’estomper avec les années, les œuvres de Zao Wou-Ki représentant de véritables paysages intérieurs. La reprise de l’encre de Chine dans les années 1970, technique qu’il avait délaissée après son arrivée en France, car trop rattachée à la tradition picturale de son pays d’origine, l’incite à modifier ses estampes : ses compositions, de plus en plus aériennes, se construisent autour du vide, dans un jeu savant de nuances et de transparences. Hélène Trespeuch revient ici sur l’influence de Paul Klee, montrant comment cette découverte contribua à l’évolution de son art. Marie Minssieux-Chamonard relate les rapports que Zao Wou-Ki entretient avec les écrivains, se nourrissant de leurs textes pour créer des estampes. Céline Chicha analyse l’œuvre gravé de Zao Wou-Ki et son évolution. En fin d’ouvrage on trouvera le catalogue raisonné de l’intégralité des livres illustrés par Zao Wou-Ki.

La France lui a rendu hommage à plusieurs reprises. Une autre peinture attribuée à cet auteur faisait partie du trésor familial des Zao. Unis tandis que les autres resteront en Chine. Wou-Ki dessine et peint dès l’âge de dix ans. Ce n’est qu’en sixième année que les élèves abordent la peinture à l’huile. Mais l’élève n’attend pas qu’on lui donne des cours et il s’exerce chez lui en faisant des paysages et des portraits de sa sœur. Très vite, Zao Wou-Ki ressent le besoin de s’éloigner de la peinture traditionnelle ou académique, et il a envie de chercher ailleurs une autre forme d’inspiration.

Nommé assistant dans son école en 1941, le peintre présente sa première exposition à Chongqing et c’est son père qui lui achète sa première œuvre. En 1946, il accompagne le retour de son école à Hangzhou. 27 ans, en 1947, avec l’autorisation de son père, le peintre quitte son pays après une exposition personnelle à Shanghai. Il considère qu’il n’en est encore qu’au stade de l’apprentissage. Lan-Lan était musicienne de formation, puis s’était mise à la peinture. Lorsque nous nous sommes mariés, j’avais dix-sept ans, elle en avait seize. Il apprend le français à l’Alliance française, fréquente l’académie de la Grande Chaumière où il suit les cours d’Émile Othon Friesz.

Dès 1949, Zao Wou-Ki remporte le premier prix d’un concours de dessin dont le jury est composé de André Lhote et Marcel Gromaire. Il reçoit comme récompense une Histoire de la peinture occidentale éditée par Albert Skira. Une exposition de gravures organisée par l’éditeur, critique d’art et collectionneur suisse Nesto Jacometti à Berne et à Genève en 1951 permet à Zao Wou-Ki de découvrir Paul Klee. Klee va être un médiateur, un recours merveilleux contre deux périls qui menacent alors le jeune artiste : rester un peintre enraciné à l’excès dans l’admirable passé de son peuple, ou se trouver agressivement détachés de celui-ci, européanisé, et peut-être par là même, dénaturé. Car Klee aborde la peinture avec une attitude intérieure analogue à celle des peintres d’Extrême-Orient sans avoir jamais connu la Chine. Zao Wou-Ki cherche à interpréter la nature. C’est à cette époque qu’apparaît une métamorphose de son art qui déroute les collectionneurs :  Ma peinture devient illisible.